L'interprofession, en l'état, a t-elle la capacité pour piloter le développement agricole au Maroc?
Le changement climatique touche toutes les régions du monde. Les calottes glaciaires polaires fondent, le niveau des océans monte, les phénomènes météorologiques extrêmes sont plus fréquents, les vagues de chaleur et des sécheresses de plus en plus intenses.
Dans ce cadre, le Maroc connaît des saisons de sécheresses plus au moins prolongées. Au début des années 1980, le pays a connu un cycle de sécheresse dévastatrice qui a eu des impacts négatifs sur l’agriculture (désengagement budgétaire) et sur l’économie nationale dans sa globalité (ajustement structurel et l’adoption de la théorie de décentralisation). En son temps, le Maroc a mis en place des mécanismes pour atténuer les effets de la sècheresse.
Actuellement, le pays a connu 6 années de sécheresse sévère (2019 – 2024), plusieurs filières agricoles sont dé-configurées, le Maroc importe plus de produits alimentaires, l’objectif d’atteindre la souveraineté alimentaire s’éloigne de plus en plus, et on déplore la générosité du ciel pour la campagne agricole 2024-25. Les effets, de cette calamité ont été amplifiés en raison d’une politique agricole intervenant depuis 2008 qui ne prend pas en considération le danger de la pression sur les ressources en eau, d’une part, et qui a opéré un démantèlement méthodologique des organes d’encadrement et de conseil agricole sur le terrain associé à une délégation du développement agricole à l’interprofession, d’autre part.
Il y’a lieu de souligner que le Maroc a eu la chance de ne pas connaître la sécheresse pendant 10 ans (2008 – 2018), ce qui a rassuré et encouragé l’exploitation à outrance des ressources en eau.
Maintenant, pour sortir de l’impasse, et en l’absence de modèles de prévisions pertinents, on constate l’absence de volonté pour adapter la stratégie agricole et les modes d’interventions ; comme rien ne s’est passé ! On s’appuie, plus qu’avant, sur l’interprofession pour le développement agricole moyennant une rallonge budgétaire publique sous forme de subventions à l’amont sans assurance pour que leurs effets soient apparents au niveau de l’exploitation agricole familiale. La porte est grande ouverte à l’importation des produits alimentaires, y compris le cheptel vif sans paiement de taxes, et la balance commerciale est de plus en plus déficitaire.
Est-ce que c’est la solution efficace ? Goodbye la souveraineté alimentaire !